
La stratégie, une dimension à « partager » avec les salariés
Si le thème de la QVCT (qualité de vie et des conditions de travail) s’est imposé dans les politiques RH des entreprises depuis plusieurs années, toutes les démarches associées à ce sujet ne se valent pas. C’est ce que démontre une enquête réalisée par Ipsos pour Qualisocial, réalisée auprès de quelque 3 000 salariés sondés entre le 23 et le 29 novembre, et dévoilée le 18 janvier.
Certes, la part des collaborateurs engagés est quatre fois plus importante parmi les organisations affichant une politique de QVCT que dans celles qui n'en ont pas. Mais depuis la fin de la crise sanitaire, de nouvelles priorités se font jour pour les salariés. Leurs attentes portent sur la prise en compte de leur santé et sécurité (27 %), un item qui se hisse désormais au premier rang des souhaits des collaborateurs, que ce soit la santé physique mais aussi mentale. Notamment pour lutter contre son pendant négatif : les risques psychosociaux (RPS).
Aujourd'hui, quasiment un Français sur deux ne se considère pas en bonne santé, rapporte l’étude.
Autre enseignement : les relations au travail tout comme l’ambiance sont des critères scrutés avec attention puisque 22 % des salariés les considèrent comme essentielles, à égalité avec le salaire. Une demande qui monte depuis la mise en place du travail hybride.
Surtout, les salariés souhaitent être mis à contribution dans l’élaboration de la stratégie de l’entreprise. Sans revendiquer toutefois un nouveau mode de gouvernance, ni de « grand soir », ils souhaitent que leurs paroles soient prises en compte par la direction.
Comment ? Qualisocial cite ici l’exemple d’Amazon, le géant de la distribution, qui donne la possibilité à ses salariés de proposer des axes d’amélioration au travail, à travers un outil numérique. Ou encore du cabinet conseil Onepoint qui propose à ses consultants de déterminer eux-mêmes les sujets sur lesquels ils veulent travailler.
« L’entreprise accompagne les transformations mais ce sont les collaborateurs qui décident des leviers qui vont favoriser la conduite de ce changement », explique Camy Puech, fondateur et président de Qualisocial. Des initiatives qui démontrent que l’entreprise n’a plus le « monopole de la stratégie ».
Parmi les recommandations du cabinet, Qualisocial préconise ainsi aux DRH de prendre soin de leurs collaborateurs « à toutes les étapes » de leur carrière, de travailler sur l’ambiance et les relations humaines au travail et d’impliquer les collaborateurs dans les stratégies de l’organisation. Cela passe par une « communication claire et régulière » mais aussi par la sollicitation des salariés pour qu’ils puissent « participer aux décisions ».
Côté gouvernement, Qualisocial insiste sur la nécessité d’investir dans l’amélioration de la QVCT, au même titre que l’innovation ou le défi climatique. Il suggère aussi de créer une incitation fiscale pour que les entreprises prennent le sujet à bras le corps. C’est-à-dire pour celles qui ne se cantonnent pas aux strictes obligations légales en la matière. Un dossier en perspective, pour la nouvelle ministre du travail, de la santé et des solidarités, Catherine Vautrin.
En effet, selon l’étude, 67 % des salariés vont au travail à reculons.
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La QVTC, un critère clef de fidélisation
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Selon une étude de l’Apec, publiée le 16 janvier, la qualité de vie au travail joue un rôle de plus en plus déterminant dans les processus de fidélisation et de mobilité des cadres. Elle est aussi un levier d’attractivité puisque que 45 % des cadres sondés jugent que les conditions de travail sont un critère essentiel pour décider de rejoindre une entreprise. C’est cinq points de plus qu’en 2023. Aux yeux des cols blancs, quatre facteurs définissent la qualité de vie au travail : les relations au travail, l’autonomie, la reconnaissance au travail et la charge de travail. « L’absence d’un des piliers peut conduire à la démission », observe l’Apec. Près de la moitié des cadres indiquent ainsi avoir quitté une entreprise en raison d’un manque de reconnaissance. Reste qu’ils ont du mal à obtenir ce type d’informations ; peu de DRH ou de managers évoquent ces sujets au cours d’un entretien de recrutement. A tort. Craignant que ce type de questions ne les desservent lors de ces tête-à-tête, ils déploient d’autres stratégies alternatives pour se renseigner : contacts avec des collaborateurs actuels, anciens salariés, mais aussi consultation des sites de notation, type Indeed ou Glassdoor (rarement favorable), comptes Linkedin de l’entreprise et de ses salariés… « Sur les réseaux sociaux comme Linkedin, je regarde la réputation de l’entreprise. Ce qui est aussi intéressant, c’est que vous pouvez avoir la liste des salariés et leur ancienneté. Quand vous avez une entreprise où il n’y a personne qui a fait plus d’un an et demi… C’est mauvais signe », assure ainsi une ingénieure informatique, sondée par l’Apec. |

