Comment améliorer les conditions de travail des charpentiers en construction bois ?

Published on July 2, 2025
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Dans la continuité de travaux déjà réalisés pour d’autres métiers (carreleurs, métiers du plâtre et de l’isolation, électriciens, métiers du curage et de la déconstruction), l’OPPBTP s’est intéressé aux conditions de travail des charpentiers en construction de maisons à ossature bois, secteur qui représente 22 000 salariés en France en 2022.

Réalisé en partenariat avec les organisations professionnelles du secteur du bois, cette analyse s’est basée sur l’observation de 4 chantiers représentatifs sur la période 2022-2023. C’est de nouveau la méthode « Maect » (méthode d’analyse et d’évaluation des conditions de travail) qui a été utilisée. Elle consiste en une analyse de 21 facteurs se regroupant en 4 thèmes : l’organisation, l’environnement de travail et les risques associés, les activités physiques, et les activés mentales et les relations de travail.

Selon l’analyse des 4 chantiers, les principaux facteurs de risque pour les charpentiers portent sur l’organisation de la sécurité, l’ambiance sonore, les efforts physiques et les postures de travail contraignantes (accroupi/à genoux, bras levés). Concrètement, cela se caractérise par des risques de chutes de hauteur, des risques liés aux manutentions manuelles (pose de la charpente, du plancher ou des murs, jusqu’à 1,5 tonne portée par jour par opérateur mais avec une masse unitaire inférieure à 15 kg), aux vibrations (outils électroportatifs : visseuse à choc, scie sabre, perforateur sur dalle, etc.), au bruit (coups de marteau ou de masse, outils électroportatifs, etc.) ou encore aux poussières de bois et aux poussières inhalables (ponçage d’une dalle de béton). L’OPPBTP a également constaté que les équipements de protection collective (EPC) étaient souvent absents ou non-conformes (garde-corps, échafaudages, etc.) et que les échelles et escabeaux étaient encore fréquemment utilisés alors que des solutions plus sécurisées existent désormais. Les équipements de protection individuelle (EPI), quant à eux, ne sont pas toujours portés, notamment les protections auditives et respiratoires.

Pour faire face à ces risques et améliorer les conditions de travail quotidiennes des charpentiers, le document recommande d’adopter une meilleure organisation du chantier. Il suggère :

  • d’optimiser la préfabrication en atelier : réduction des gestes sur le chantier et de l’encombrement ;
  • de formaliser les modes opératoires pour les phases critiques telles que le transport, l’approvisionnement, l’arrimage, le stockage, le levage, la pose, la découpe, etc. ;
  • d’améliorer les équipements collectifs en les mutualisant et les organisant : échafaudages conformes, zones de stockage dégagées, manutentions mécaniques sécurisées pour les matériaux lourds et/ou volumineux (isolants, charpentes, poutres, solives, etc.) ;
  • de renforcer la formation et l’information sur les risques et l’usage des EPI ;
  • de mettre en place un plan d’installation de chantier (PIC) : organisation de l’espace et des flux (travail, livraison, stockage) ;
  • de fluidifier la coordination des acteurs pour limiter les risques de coactivité ;
  • d’impliquer de façon plus importante les donneurs d’ordres, les bureaux d’études, l’atelier et le chantier pour mieux structurer les phases de préparation.
  • Ce secteur de la construction bois étant en développement car plébiscité dans le cadre de la transition écologique, il est essentiel qu’il prenne également le tournant de sa transition « prévention ».
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Laura Guégan
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