
L’épuisement professionnel et les horaires atypiques favorisent les conduites addictives
L’épuisement physique au travail augmente le risque de rechute chez les anciens fumeurs, réduit les chances d’arrêt chez les fumeurs actuels et augmente le risque de devenir gros fumeur (≥ 20 cigarettes/jour), confirment des chercheurs de l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) dans une étude* financée par la Dares et la Drees publiée le 13 août. Il augmente également le risque de consommer du cannabis au moins une fois par mois et celui d'avoir un régime alimentaire riche en sucre et en gras.
Le travail de nuit, le travail le samedi et les horaires de travail variables augmentent le risque d’avoir un « trouble de l’usage de l’alcool ».
Concernant le travail le dimanche, les chercheurs retiennent seulement que ce risque s’accentue chez les femmes. Aucune association entre les horaires atypiques et la consommation de gras et de sucre n’est relevée (pour les deux sexes confondus).
Par ailleurs, le travail le samedi et les horaires de travail variables diminuent les chances d’arrêter de fumer chez les fumeurs et augmentent le risque de devenir gros fumeur (pour les deux sexes confondus).
Chez les femmes, le travail de nuit diminue les chances d’arrêter de fumer et augmente le risque de devenir grosse fumeuse. Chez les hommes, le travail de nuit augmente le risque de consommer du cannabis au moins une fois par mois.
Notons que les chercheurs n’ont pas trouvé d’interactions avec les facteurs sociodémographiques ou avec la dépression, que ce soit pour l’effort physique au travail ou pour les horaires atypiques. Ni de différences significatives entre les actifs précaires et les autres actifs.
*Cette recherche réalisée dans le cadre d’un appel à projet de recherches qualitatives et quantitatives intitulé « Santé mentale, expériences du travail, du chômage et de la précarité » s’appuie une cohorte épidémiologique de « très grande taille en population générale » (Constances). Les effectifs étaient de 100 612 actifs occupés pour étudier les usages de tabac et de cannabis et de 75 414 actifs occupés pour étudier les consommations d’alcool, de gras et de sucre.
