
Les syndicats européens appellent à ne pas sacrifier la qualité des emplois sur l’autel de la compétitivité
Dans un communiqué publié le 23 janvier, la Confédération européenne des syndicats (CES) demande à la Commission européenne de « faire des emplois de qualité un objectif central de son plan de compétitivité ». Et la met en garde contre « une approche basée sur les bas salaires, les longues heures de travail et les mauvaises conditions ». « Cela signifie une directive spécifique garantissant les droits des travailleurs dans une transition juste, des mesures visant à assurer l'investissement dans la main-d'œuvre et des droits de négociation renforcés afin que les travailleurs puissent réclamer leur juste part des bénéfices qu'ils contribuent à créer », énumèrent les syndicats.
Au forum économique mondial de Davos (Suisse), la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a esquissé le 21 janvier sa « feuille de route », qui sera dévoilée cette semaine, pour maintenir la croissance de l’Europe « pendant les 25 prochaines années ». « Nous nous attacherons en priorité à : accroître la productivité en comblant les écarts en matière d'innovation ; élaborer un plan conjoint pour la décarbonation et la compétitivité ; remédier aux pénuries de compétences et de main-d'œuvre ; et réduire les formalités administratives », a-t-elle résumé.
Avant d’annoncer un « 28ème régime ». « À l'heure actuelle, le marché unique européen présente toujours bien trop de barrières nationales. Les entreprises doivent parfois composer avec 27 législations nationales, a-t-elle déploré. En lieu et place de cela, nous proposerons aux entreprises innovantes d'exercer leurs activités dans toute l'Union suivant un ensemble unique de règles. Nous l'appelons le 28e régime. Droit des sociétés, insolvabilité, droit du travail, fiscalité… un cadre unique et simple dans toute l'Union. »
À cet égard, les syndicats européens appellent la Commission à rejeter « les appels à la réduction des droits des travailleurs ou à la réactivation du dumping social par le biais de la " simplification"» et la mettent en garde « contre l’offensive de déréglementation des entreprises ». Lors d’un discours devant le Parlement européen le 27 novembre, Ursula von der Leyen avait déclaré que « la productivité dépend de bonnes conditions de travail, d’un salaire équitable, d’un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de la possibilité de trouver une crèche pour vos enfants et de bons soins pour vos parents âgés, ainsi que de l’accès à des logements décents et abordables ».
