
Droit des travailleurs : l’Europe enregistre le « pire déclin » au monde depuis dix ans, selon la CSI
« Malgré sa réputation de porte-drapeau mondial pour les droits des travailleurs, [l’Europe] a enregistré le plus grand déclin au cours de la dernière décennie, alerte la Confédération syndical internationale (CSI) dans un rapport publié le 12 juin. Une tendance inquiétante qui révèle que l’Europe est en proie à des attaques concertées à l’encontre des droits des travailleurs et du mouvement syndical, sous la houlette des gouvernements populistes de droite et la pression exercée par le monde des entreprises. »
En 2014, la CSI a créé un indice pour évaluer la manière dont les pays et les entreprises respectent et font respecter les droits des travailleurs au regard du droit international et des accords multilatéraux. L’échelle de l’indice est coté de 1 « violation sporadiques des droits » à 5 « effondrement de l’état de droit ». L’indice CSI de l’Europe a chuté de 1,84 en 2014 à 2,56 en 2023 et 2,74 en 2024. Une dégradation expliquée en partie par celle de la Fédération de Russie (depuis son dernier classement en 2021), de la Finlande, du Kirghizistan et de la Suisse. La France est notée 2 (« violations réitérées des droits »).
La CSI pointe notamment du doigt « la criminalisation des grèves et la stigmatisation des grévistes en Belgique et en France », la création de « syndicats jaunes » (organisations syndicales d’inspiration patronales) en Arménie, en Grèce, en Macédoine du Nord et aux Pays-bas et le refus de Tesla en Suède « d’engager des négociations collectives avec IF Metall ». « Ce rapport montre clairement que notre modèle social est érodé à un rythme alarmant par de mauvais patrons comme Elon Musk et des gouvernements hostiles aux travailleurs comme celui de la Finlande, a commenté la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Esther Lynch, dans un communiqué.
La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord demeure la pire au monde pour les droits des travailleurs et des travailleuses, avec une note moyenne de 4,74 en 2024 contre 4,53 en 2023 (« violations systématiques des droits »).
